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Traité sur l'Évangile de Luc

EXLU · Ambroise de Milan · 389 · FR · 1068 paragraphes · Psaumes : Vulgate · livres-mystiques.com ↗

« Deux sont à moudre au pétrin. » Le sens est, semble-t-il, figuratif de ceux qui cherchent leurs aliments dans le secret, et de l'intérieur les produisent au jour. Il faut pourtant rechercher ce que moulent ces femmes. Ne serait-ce pas ce que nous lisons en Isaïe : « Si vous m'apportez de la fleur de farine, c'est en vain» (Is., I, 13) ? Ainsi la fleur de farine serait l'offrande de celles qui ont moulu. Examinons donc celles qui moulent, ce qu'elles moulent, ce qu'est le pétrin. Et peut-être ce monde est-il le pétrin. J'y verrais plutôt une allusion à la figure du corps humain, où notre âme est enfermée comme dans la prison du corps, pour y produire, si elle a souci du bien, le pain céleste (cf. Jn, VI,51). Dans ce pétrin donc, soit la Synagogue soit l'âme en proie aux péchés moud un blé mouillé et gâté par trop d'humidité, et ne peut séparer l'intérieur de l'extérieur : aussi sera-t-elle délaissée, parce que sa farine aura déplu. Au contraire la Sainte Église, ou bien l'âme qui n'est maculée et souillée d'aucune faute, moud un grain séché à la chaleur du soleil éternel, que Dieu a revêtu comme II l'a voulu (Le, XII, 28), et que les anges ont purifié de toute tache d'impureté ; et, offrant à Dieu du coeur de l'humanité une bonne farine, elle fait agréer la libation de son sacrifice.