L'un et l'autre peuple, Gentilité et Juifs, est donc présenté et comme mis en scène par ce discours ; mais les Juifs sont l'objet d'un châtiment plus rigoureux. En effet, le souvenir des païens sera englouti dans les flots de ce siècle et noyé dans la boue de ce monde, parce qu'ils ont voulu être au milieu de ce qui n'est pas (I Cor.,I, 28), et, étrangers à la connaissance de Dieu, se sont comme noyés au fond de la mer ; mais les Juifs, choisis en la personne des Patriarches, marqués de la circoncision, instruits par la Loi, ne disparaîtront pas comme des inconnus, mais seront châtiés comme sacrilèges. Car le Dieu inconnu des Athéniens (Act., XVII,23) était connu en Judée (Ps. 75, 2), mais non pas accueilli. Aussi l'ignorant sera ignoré, le prévaricateur sera condamné ; il n'y aura pas exemption de faute pour celui qui a méconnu son Créateur, il y aura exclusion du pardon pour celui qui n'a pas accueilli le Seigneur. Pourtant il est plus tolérable de n'avoir pas accordé foi au Christ que d'avoir porté les mains sur Lui. « Or un notable l'interrogea en ces termes : Bon Maître, que faire pour posséder la vie éternelle ? Et Jésus lui dit : Pourquoi m'appelez-vous bon ? Nul n'est bon que Dieu seul. »