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Traité sur l'Évangile de Luc

EXLU · Ambroise de Milan · 389 · FR · 1068 paragraphes · Psaumes : Vulgate · livres-mystiques.com ↗

Astucieuse question, et partant habile réponse. Car ce notable qui le sondait l'a appelé bon maître, quand il aurait dû dire Dieu bon. En effet, bien que la bonté soit dans la divinité, et la divinité dans la bonté — car nul n'est bon que Dieu seul, tandis que « tout homme est menteur » (Ps. 115, 2), et tout ce qui est menteur n'est assurément pas bon — cependant, en ajoutant : bon maître, il l'a dit bon partiellement, non totalement : car Dieu est totalement bon, l'homme partiellement. C'est pourquoi le Seigneur : pourquoi m'appeler bon, dit-Il, quand vous niez que je sois Dieu ? Pourquoi m'appeler bon, quand nul n'est bon que Dieu seul ? Il ne nie donc pas être bon, mais Il indique qu'il est Dieu; car bon, qu'est-ce à dire, sinon plein de bonté ? Mais puisqu'il est écrit : « Il n'est personne qui fasse le bien, il n'en est pas même un » (Ps. 13, 3), Il a certainement parlé des hommes, non pas de Dieu : car Dieu est un, mais Il n'est pas unité dans un nombre. De même aussi le Fils de Dieu est mis à part comme unique, non pas comme un de la multitude ; et Il est l'unique engendré, non pas l'un des engendrés. Aussi « nul n'est bon » n'est pas un arrêt contre le Christ, car nul ne juge le Christ ; « nul » est dit de nous communément, mais le Christ n'a rien de commun avec nous41 .