Je veux dire d’abord à chacun la première vérité : “Dieu t’aime”. Si tu l’as déjà entendu, peu importe. Je veux te le rappeler : Dieu t’aime. N’en doute jamais, quoiqu’il arrive dans ta vie. Tu es aimé infiniment, en toutes circonstances.
L’expérience de la paternité que tu as eue n’est peut-être pas la meilleure, ton père de la terre a peut-être été loin et absent ou, au contraire, dominateur et captatif. Ou, simplement, il n’a pas été le père dont tu avais besoin. Je ne sais pas. Mais ce que je peux te dire avec certitude, c’est que tu peux te jeter avec confiance dans les bras de ton Père divin, de ce Dieu qui t’a donné la vie et qui te la donne à tout moment. Il te soutiendra fermement et tu sentiras en même temps qu’il respecte jusqu’au bout ta liberté.
Nous trouvons dans sa Parole de nombreuses expressions de son amour. C’est comme s’il avait cherché différentes manières de le manifester pour voir s’il pouvait atteindre ton cœur avec l’une ou l’autre de ces paroles. Par exemple, il se présente parfois comme ces pères affectueux qui jouent avec leurs enfants : « Je les menais avec des attaches humaines, avec des liens d'amour ; j'étais pour eux comme ceux qui soulèvent un nourrisson tout contre leur joue » (Os 11, 4). Il se présente parfois plein de l’amour de ces mères qui aiment sincèrement leurs enfants, d’un amour attachant qui est incapable d’oublier ou d’abandonner : « Une femme oublie-t-elle son petit enfant, est-elle sans pitié pour le fils de ses entrailles ? Même si les femmes oubliaient, moi, je ne t'oublierai pas» (Is 49, 15). Il se présente même comme un amoureux qui en arrive à se faire tatouer la personne aimée dans la paume de ses mains afin de pouvoir avoir toujours son visage à proximité : « Je t’ai gravée sur les paumes de mes mains » (Is 49, 16). D’autres fois, il montre sa force et la vigueur de son amour qui ne se laisse jamais vaincre : « Les montagnes peuvent s'écarter et les collines chanceler, mon amour ne s'écartera pas de toi, mon alliance de paix ne chancellera pas» (Is 54, 10). Ou bien il nous dit que nous avons été désirés depuis toujours, de sorte que nous n’apparaissons pas dans ce monde par hasard. Nous étions un projet de son amour avant que nous existions : « D'un amour éternel je t'ai aimée, aussi t'ai-je maintenu ma faveur» (Jr 31, 3). Ou bien il nous fait remarquer qu’il sait voir notre beauté, celle que personne ne peut reconnaître : « Tu comptes beaucoup à mes yeux, tu as du prix et je t'aime » (Is 43, 4). Ou bien il nous fait découvrir que son amour n’est pas triste, mais une pure joie qui se renouvelle quand nous nous laissons aimer par lui : « Le Seigneur ton Dieu est au milieu de toi, héros sauveur! Il exultera pour toi de joie, il te renouvellera par son amour ; il dansera pour toi avec des cris de joie » (So 3, 17).
Tu as vraiment de la valeur pour lui, tu n’es pas insignifiant, tu lui importes, parce que tu es une œuvre de ses mains. Il te prête donc attention et se souvient de toi avec affection. Tu dois avoir confiance dans le « souvenir de Dieu : sa mémoire n’est pas un “disque dur” qui enregistre et archive toutes nos données, sa mémoire est un cœur tendre de compassion, qui se plaît à effacer définitivement toutes nos traces de mal ».63Homélie de la Messe des XXXIème Journées Mondiales de la Jeunesse à Cracovie (31 juillet 2016): AAS 108 (2016), 923: L’Osservatore Romano, éd. française, n. 32-33 du 11-18 août 2016, p. 12. Il ne veut pas tenir le compte de tes erreurs et, en toute situation, il t’aidera à tirer quelque chose, même de tes chutes. Parce qu’il t’aime. Essaye de rester un moment en silence en te laissant aimer par lui. Essaye de faire taire toutes les voix et les cris intérieurs, et reste un moment dans les bras de son amour.
C’est un amour « qui n’écrase pas, c’est un amour qui ne marginalise pas, qui ne réduit pas au silence, un amour qui n’humilie pas, ni n’asservit. C’est l’amour du Seigneur, un amour de tous les jours, discret et respectueux, amour de liberté et pour la liberté, amour qui guérit et qui relève. C’est l’amour du Seigneur qui apprend plus à redresser qu’à faire chuter, à réconcilier qu’à interdire, à donner de nouvelles chances qu’à condamner, à regarder l’avenir plus que le passé ».64Discours lors de la cérémonie d’ouverture des XXXIVèmes Journées Mondiales de la Jeunesse à Panama, (24 janvier 2019): L’Osservatore Romano, éd. française, n. 5 du 29 janvier 2019, p. 9.
Quand il te demande quelque chose ou quand, simplement, il permet ces défis que la vie te présente, il attend que tu lui accordes une place pour pouvoir t’élever, pour te faire progresser, pour te faire mûrir. Cela ne le dérange pas que tu lui exprimes ton questionnement. Ce qui l’inquiète, c’est que tu ne lui parles pas, que tu n’ouvres pas sincèrement le dialogue avec lui. La Bible dit que Jacob a lutté contre Dieu (cf. Gn 32, 25-31), et cela ne l’a pas détourné du chemin du Seigneur. En réalité, il nous exhorte lui-même : « Allons ! Discutons ! » (Is 1, 18). Son amour est si réel, si vrai, si concret qu’il nous offre une relation faite de dialogue sincère et fécond. Finalement, cherche l’embrassade de ton Père du ciel dans le visage aimant de ses courageux témoins sur la terre.