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Christus Vivit

CHV · François · 2019 · FR · 299 paragraphes · vatican.va ↗

Je tiens à souligner que les jeunes eux-mêmes sont des agents de la pastorale de la jeunesse, accompagnés et guidés, mais libres de rechercher de nouveaux chemins avec créativité et audace. Par conséquent, il serait superflu que je m’arrête ici pour proposer une sorte de manuel de pastorale des jeunes ou un guide de pastorale pratique. Il s’agit surtout de mettre en jeu l’intelligence, l’ingéniosité et la connaissance que les jeunes eux-mêmes ont de la sensibilité, de la langue et des problématiques des autres jeunes.

Ils nous font voir la nécessité d’adopter de nouveaux styles et de nouvelles stratégies. Par exemple, alors que les adultes ont tendance à se préoccuper de tout planifier, avec des réunions périodiques et des horaires fixes, aujourd’hui la plupart des jeunes sont difficilement attirés par ces programmes pastoraux. La pastorale des jeunes doit acquérir une autre flexibilité, et réunir les jeunes pour des évènements, des manifestations qui leur offrent chaque fois un lieu où ils reçoivent non seulement une formation, mais qui leur permettent aussi de partager leur vie, de célébrer, de chanter, d’écouter de vrais témoignages et de faire l’expérience de la rencontre communautaire avec le Dieu vivant.

D’autre part, il serait particulièrement souhaitable de recueillir encore plus de bonnes pratiques : ces méthodologies, ces motivations, ces langages qui ont été réellement attractifs pour conduire les jeunes au Christ et à l’Eglise. Peu importe leur couleur, qu’ils soient "conservateurs ou progressistes", qu’ils soient "de droite ou de gauche". Le plus important est que nous recueillons tout ce qui a donné de bons résultats et ce qui est efficace pour communiquer la joie de l’Evangile.

La pastorale des jeunes ne peut être que synodale, autrement dit, constituer un "marcher ensemble" qui implique une « mise en valeur des charismes que l’Esprit donne selon la vocation et le rôle de chacun des membres [de l’Eglise], à travers un dynamisme de coresponsabilité. […] Animés par cet esprit, nous pourrons avancer vers une Eglise participative et coresponsable, capable de mettre en valeur la richesse de la diversité dont elle se compose, en accueillant aussi avec gratitude l’apport des fidèles laïcs, notamment des jeunes et des femmes, celui de la vie consacrée féminine et masculine, et celui de groupes, d’associations et de mouvements. Personne ne doit être mis ou ne doit pouvoir se mettre à l’écart ».111DF, n. 123.

De cette façon, en apprenant les uns des autres, nous pourrons mieux refléter ce merveilleux polyèdre que doit être l’Eglise de Jésus-Christ. Elle peut attirer les jeunes précisément parce qu’elle n’est pas une unité monolithique, mais un canevas de dons variés que l’Esprit répand sans cesse en elle, en la rendant toujours nouvelle malgré ses misères.

Il y a eu beaucoup de propositions concrètes dans le Synode visant à renouveler la pastorale des jeunes et à la libérer des programmes qui ne sont plus efficaces parce qu’ils n’entrent pas en dialogue avec la culture actuelle des jeunes. Bien sûr, je ne peux pas ici toutes les rassembler et certaines d’entre elles peuvent être trouvées dans le Document final du Synode.

Notes

  1. 111. DF, n. 123.