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La Cité de Dieu

CIV · Augustin · 426 · FR · 643 paragraphes · Psaumes : Vulgate · livres-mystiques.com ↗

Pendant que Baléus, dixième roi des Assyriens, occupait le trône sous le règne de Mes-sapas, surnommé Céphisus, neuvième roi des Sicyoniens (si toutefois ce ne sont point là deux noms différents), et sous celui d’Apis, troisième roi des Argiens, Isaac mourut âgé de cent quatre-vingts ans, et laissa ses deux jumeaux qui en avaient cent vingt. Le plus jeune des deux, Jacob, qui appartenait à la Cité de Dieu, à l’exclusion de l’aîné, avait douze fils. Joseph, l’un d’eux, ayant été vendu par ses frères du vivant d’Isaac, leur aïeul, à des marchands qui trafiquaient en Egypte, fut tiré de la prison où l’avait fait mettre sa chasteté, courageusement défendue contre la passion d’une femme adultère, et présenté à l’âge de trente ans à Pharaon, roi d’Egypte. Ce prince le combla d’honneurs et de biens, parce qu’il lui avait expliqué ses songes et prédit les sept années d’abondance, qui devaient être suivies des sept autres années de stérilité. Cc fut à la seconde de ces années stériles que Jacob vint en Egypte avec toute sa famille, âgé de cent trente ans, comme il le dit lui-même au roi Pharaon. Joseph en avait alors trente-neuf, attendu que les sept années d’abondance et les deux de stérilité s’étaient écoulées, depuis qu’il avait commencé à être en faveur. CHAPITRE V. D’APIS, TROISIÉME ROI DES ARGIENS, DONT LES ÉGYPTIENS FIRENT LEUR DIEU SÉRÂPIS. En ce temps, Apis, roi des Argiens, qui était venu par mer en Egypte et qui y était mort, devint ce fameux Sérapis, le plus grand de tous les dieux des Egyptiens. Pourquoi ne fut-il pas nommé Apis après sa mort, mais Sérapis? Varron en rend une raison fort claire, qui est que les Grecs appelant un cercueil soros 11Pausanias fait honneur à Phoronée d’avoir initié son peuple à l’usage du feu (lib. II, cap. 15); ce que saint Augustin dit de ce personnage et de son frère Phegoüs est très-probablement emprunté à Vairon. Comp. Platon, Timée , init. , et celui d’Apis ayant été honoré avant qu’on lui eût bâti un temple, on le nomma d’abord Sorosapis ou Sorapis, et puis, en changeant une lettre, comme cela arrive souvent, Sérapis. Il fut ordonné que quiconque l’appellerait homme serait puni du dernier supplice; et Varron dit que c’était pour signifier cette défense que les statues d’Isis et de Sérapis avaient toutes un doigt sur les lèvres. Quant à ce boeuf que l’Egypte, par une merveilleuse superstition, nourrissait si délicatement 12Zorós , cercueil, urne funéraire, sarcophage. en l’honneur du dieu, comme ils l’adoraient vivant et non pas dans le cercueil, ils l’appelèrent Apis et non Sérapis. A la mort de ce boeuf, on en mettait un autre à sa place, marqué pareillement de certaines taches blanches, où le peuple voyait une grande merveille et un don de la divinité; mais, en vérité, il n’était pas difficile aux démons, qui prenaient plaisir à tromper ces peuples, de représenter à une vache pleine un taureau pareil à Apis, comme fit Jacob 13Sur la nourriture du boeuf Apis, voyez Strabon, lib. XVII, cap. 1. § 31. , qui obtint des chèvres et des brebis de la même couleur que les baguettes bigarrées qu’il mettait devant les yeux de leurs mères. Ce que les hommes font avec des couleurs véritables, les démons le peuvent faire très-aisément par le moyen de couleurs fausses et fantastiques. 14Gen. XXX, 39.

Notes

  1. 11. Pausanias fait honneur à Phoronée d’avoir initié son peuple à l’usage du feu (lib. II, cap. 15); ce que saint Augustin dit de ce personnage et de son frère Phegoüs est très-probablement emprunté à Vairon. Comp. Platon, Timée , init.
  2. 12. Zorós , cercueil, urne funéraire, sarcophage.
  3. 13. Sur la nourriture du boeuf Apis, voyez Strabon, lib. XVII, cap. 1. § 31.
  4. 14. Gen. XXX, 39.