Saint Charles de Foucauld visitait un jour à Louÿe le Saint Sacrement avec sa cousine, Madame de Bondy, et elle lui montra une image du Sacré-Cœur. 122Cf. S. Charles de Foucauld, Lettre à Madame de Bondy, 27 avril 1897. Cette cousine joua un rôle déterminant dans la conversion de Charles, comme il le reconnaît lui-même : « Puisque le Bon Dieu vous a fait le premier instrument de ses miséricordes à mon égard, c’est de vous qu’elles découlent toutes : si vous ne m’aviez pas converti, ramené à Jésus, appris petit à petit, comme mot à mot tout ce qui est pieux et bon, en serais-je là aujourd’hui? ». 123Id., Lettre à Madame de Bondy, 28 avril 1901 ; Cf. C. de Foucauld, Lettre à Madame de Bondy, 5 avril 1909 : « C’est par vous que j’ai connu et les expositions du Très Saint Sacrement et les bénédictions, et le Sacré-Cœur ! ». Mais ce qu’elle éveilla en lui, c’est la conscience brûlante de l’amour de Jésus. Tout était là, c’était le plus important. Et cela se focalisa en particulier sur la dévotion au Cœur du Christ où il découvrit une miséricorde sans limites : « Espérons dans la miséricorde infinie de Celui dont vous m’avez fait connaître le Sacré-Cœur ». 124Id., Lettre à Madame de Bondy, 7 avril 1890.
Ensuite, son directeur spirituel, l’abbé Henri Huvelin, l’aida à approfondir ce précieux mystère : « Ce cœur béni dont vous m’avez parlé si souvent ». 125Id., Lettre à l’Abbé Huvelin, 27 juin 1892. Le 6 juin 1889, Charles se consacra au Sacré-Cœur où il trouva un amour très tendre et très absolu. Il dit au Christ : « Vous m’avez tellement comblé de bienfaits qu’il me semble que ce serait être ingrat envers votre cœur que de ne pas croire qu’il est prêt à me combler de tout bien, si grand qu’il soit, et que son amour comme sa libéralité sont sans mesure ». 126Id., Méditations sur l’Ancien Testament (1896-1897), Genèse 30, 1-21. Il sera le premier ermite « sous le nom du Sacré-Cœur ». 127Id., Lettre à l’Abbé Huvelin, 16 mai 1900.
Le 17 mai 1906, le jour même où frère Charles, seul, ne peut plus célébrer la messe, il écrit avoir promis : « Laisser vivre en moi le cœur de Jésus, pour que ce ne soit plus moi qui vive, mais le Cœur de Jésus qui vive en moi, comme il vivait à Nazareth ». 128Id., Diaire, 17 mai 1906. Son amitié avec Jésus, cœur à cœur, n’avait rien d’une dévotion intimiste. Elle était la racine de cette vie dépouillée de Nazareth par laquelle Charles voulait imiter le Christ et se configurer à Lui. Cette tendre dévotion au Cœur du Christ eut des conséquences très concrètes sur son mode de vie, et son Nazareth s’est nourri de cette relation très personnelle avec le Cœur du Christ.