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Compendium de la doctrine sociale de l'Église

DSE · C. Justice & Paix · 2004 · FR · 583 paragraphes · vatican.va ↗

Le message de la doctrine sociale sur la solidarité met en évidence le fait qu'il existe des liens étroits entre solidarité et bien commun, solidarité et destination universelle des biens, solidarité et égalité entre les hommes et les peuples, solidarité et paix dans le monde.420Cf. Jean-Paul II, Encycl. Sollicitudo rei socialis, 17, 39, 45: AAS 80 (1988) 532- 533, 566-568, 577-578. La solidarité internationale est aussi une exigence d'ordre moral; la paix du monde dépend d'elle dans une large mesure: cf. Concile Œcuménique Vatican II, Const. past. Gaudium et spes, 83-86: AAS 58 (1966) 1107-1110; Paul VI, Encycl. Populorum progressio, 48: AAS 59 (1967) 281; Commission Pontificale « Iustitia et Pax », Au service de la communauté humaine: une approche éthique de l'endettement international, I, 1, Typographie Polyglotte Vaticane, Cité du Vatican 1986, p. 11; Catéchisme de l'Église Catholique, 1941 et 2438. Le terme « solidarité », largement employé par le Magistère,421La solidarité, bien que cette expression explicite manque encore, est un des principes de base de l'encyclique « Rerum novarum » (cf. Jean XXIII, Encycl. Mater et magistra: AAS 53 [1961] 407). « Le principe de solidarité, comme on dit aujourd'hui... a été énoncé à plusieurs reprises par Léon XIII sous le nom d'“amitié” que nous trouvons déjà dans la philosophie grecque. Pie XI le désigna par le terme non moins significatif de “charité sociale”, tandis que Paul VI, élargissant le concept en fonction des multiples dimensions modernes de la question sociale, parlait de “civilisation de l'amour” » (Jean-Paul II, Encycl. Centesimus annus, 10: AAS 83 [1991] 805). La solidarité est un des principes de base de tout l'enseignement social de l'Église (cf. Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Instr. Libertatis conscientia, 73: AAS 79 [1987] 586). À partir de Pie XII, (cf. Encycl. Summi Pontificatus: AAS 31 [1939] 426- 427), le terme « solidarité » est utilisé de plus en plus fréquemment et avec une signification toujours plus large: de celle de « loi » dans cette même encyclique à celle de « principe » (cf. Jean XXIII, Encycl. Mater et magistra: AAS 53 [1961] 407), de « devoir » (cf. Paul VI, Encycl. Populorum progressio, 17, 48: AAS 59 [1967] 265-266, 281) et de « valeur » (cf. Jean-Paul II, Encycl. Sollicitudo rei socialis, 38: AAS 80 [1988] 564-566) et, enfin, de « vertu » (cf. Id., Encycl. Sollicitudo rei socialis, 38: AAS 80 [1988] 564-566, 568-569). exprime en synthèse l'exigence de reconnaître dans l'ensemble des liens qui unissent les hommes et les groupes sociaux entre eux, l'espace offert à la liberté humaine pour pourvoir à la croissance commune, partagée par tous. L'effort dans cette direction se traduit par l'apport positif à ne pas faire manquer à la cause commune et par la recherche des points d'entente possible, même là où prévaut une logique de division et de fragmentation, dans la disponibilité à se dépenser pour le bien de l'autre au-delà de tout individualisme et particularisme.422Cf. Congrégation pour l'Éducation Catholique, Orientations pour l'étude et l'enseignement de la doctrine sociale de l'Église dans la formation sacerdotale, 38, Typographie Polyglotte Vaticane, Rome 1988, pp. 42-43.

Le principe de la solidarité implique que les hommes de notre temps cultivent davantage la conscience de la dette qu'ils ont à l'égard de la société dans laquelle ils sont insérés: ils sont débiteurs des conditions qui rendent viable l'existence humaine, ainsi que du patrimoine, indivisible et indispensable, constitué par la culture, par la connaissance scientifique et technologique, par les biens matériels et immatériels, par tout ce que l'aventure humaine a produit. Une telle dette doit être honorée dans les diverses manifestations de l'action sociale, de sorte que le chemin des hommes ne s'interrompe pas, mais demeure ouvert aux générations présentes et futures, appelées ensemble, les unes et les autres, à partager solidairement le même don.

Notes

  1. 420. Cf. Jean-Paul II, Encycl. Sollicitudo rei socialis, 17, 39, 45: AAS 80 (1988) 532- 533, 566-568, 577-578. La solidarité internationale est aussi une exigence d'ordre moral; la paix du monde dépend d'elle dans une large mesure: cf. Concile Œcuménique Vatican II, Const. past. Gaudium et spes, 83-86: AAS 58 (1966) 1107-1110; Paul VI, Encycl. Populorum progressio, 48: AAS 59 (1967) 281; Commission Pontificale « Iustitia et Pax », Au service de la communauté humaine: une approche éthique de l'endettement international, I, 1, Typographie Polyglotte Vaticane, Cité du Vatican 1986, p. 11; Catéchisme de l'Église Catholique, 1941 et 2438.
  2. 421. La solidarité, bien que cette expression explicite manque encore, est un des principes de base de l'encyclique « Rerum novarum » (cf. Jean XXIII, Encycl. Mater et magistra: AAS 53 [1961] 407). « Le principe de solidarité, comme on dit aujourd'hui... a été énoncé à plusieurs reprises par Léon XIII sous le nom d'“amitié” que nous trouvons déjà dans la philosophie grecque. Pie XI le désigna par le terme non moins significatif de “charité sociale”, tandis que Paul VI, élargissant le concept en fonction des multiples dimensions modernes de la question sociale, parlait de “civilisation de l'amour” » (Jean-Paul II, Encycl. Centesimus annus, 10: AAS 83 [1991] 805). La solidarité est un des principes de base de tout l'enseignement social de l'Église (cf. Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Instr. Libertatis conscientia, 73: AAS 79 [1987] 586). À partir de Pie XII, (cf. Encycl. Summi Pontificatus: AAS 31 [1939] 426- 427), le terme « solidarité » est utilisé de plus en plus fréquemment et avec une signification toujours plus large: de celle de « loi » dans cette même encyclique à celle de « principe » (cf. Jean XXIII, Encycl. Mater et magistra: AAS 53 [1961] 407), de « devoir » (cf. Paul VI, Encycl. Populorum progressio, 17, 48: AAS 59 [1967] 265-266, 281) et de « valeur » (cf. Jean-Paul II, Encycl. Sollicitudo rei socialis, 38: AAS 80 [1988] 564-566) et, enfin, de « vertu » (cf. Id., Encycl. Sollicitudo rei socialis, 38: AAS 80 [1988] 564-566, 568-569).
  3. 422. Cf. Congrégation pour l'Éducation Catholique, Orientations pour l'étude et l'enseignement de la doctrine sociale de l'Église dans la formation sacerdotale, 38, Typographie Polyglotte Vaticane, Rome 1988, pp. 42-43.