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Compendium de la doctrine sociale de l'Église

DSE · C. Justice & Paix · 2004 · FR · 583 paragraphes · vatican.va ↗

La liberté est dans l'homme un signe très élevé de l'image divine et, en conséquence, un signe de la dignité sublime de chaque personne humaine: 435Cf. Concile Œcuménique Vatican II, Const. past. Gaudium et spes, 17: AAS 58 (1966) 1037-1038; Catéchisme de l'Église Catholique, 1705, 1730; Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Instr. Libertatis conscientia, 28: AAS 79 (1987) 565. « La liberté s'exerce dans les rapports entre les êtres humains. Chaque personne humaine, créée à l'image de Dieu, a le droit naturel d'être reconnue comme un être libre et responsable. Tous doivent à chacun ce devoir du respect. Le droit à l'exercice de la liberté est une exigence inséparable de la dignité de la personne humaine ».436Catéchisme de l'Église Catholique, 1738. Il ne faut pas restreindre le sens de la liberté, en la considérant dans une perspective purement individualiste et en la réduisant à un exercice arbitraire et incontrôlé de l'autonomie personnelle: « Loin de s'accomplir dans une totale autarcie du moi et dans l'absence de relations, la liberté n'existe vraiment que là où des liens réciproques, réglés par la vérité et la justice, unissent les personnes ».437Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Instr. Libertatis conscientia, 26: AAS 79 (1987) 564-565. La compréhension de la liberté devient profonde et vaste quand elle est protégée, même au niveau social, dans la totalité de ses dimensions.

La valeur de la liberté, en tant qu'expression de la singularité de chaque personne humaine, est respectée quand il est permis à chaque membre de la société de réaliser sa vocation personnelle; de chercher la vérité et de professer ses idées religieuses, culturelles et politiques; d'exprimer ses opinions; de décider de son état de vie et, dans la mesure du possible, de son travail; de prendre des initiatives à caractère économique, social et politique. Ceci doit advenir au sein d'un « contexte juridique ferme »,438Jean-Paul II, Encycl. Centesimus annus, 42: AAS 83 (1991) 846. L'affirmation concerne l'initiative économique, mais elle semble pouvoir aussi s'étendre correctement aux autres secteurs de l'action personnelle. dans les limites du bien commun et de l'ordre public et, en tous les cas, à l'enseigne de la responsabilité. Par ailleurs, la liberté doit aussi se manifester comme capacité de refus de ce qui est moralement négatif, sous quelque forme que ce soit,439Cf. Jean-Paul II, Encycl. Centesimus annus, 17: AAS 83 (1991) 814-815. comme capacité de détachement effectif de tout ce qui peut entraver la croissance personnelle, familiale et sociale. La plénitude de la liberté consiste dans la capacité de disposer de soi en vue du bien authentique, dans la perspective du bien commun universel.440Cf. Jean XXIII, Encycl. Pacem in terris: AAS 55 (1963) 289-290.

Notes

  1. 435. Cf. Concile Œcuménique Vatican II, Const. past. Gaudium et spes, 17: AAS 58 (1966) 1037-1038; Catéchisme de l'Église Catholique, 1705, 1730; Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Instr. Libertatis conscientia, 28: AAS 79 (1987) 565.
  2. 436. Catéchisme de l'Église Catholique, 1738.
  3. 437. Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Instr. Libertatis conscientia, 26: AAS 79 (1987) 564-565.
  4. 438. Jean-Paul II, Encycl. Centesimus annus, 42: AAS 83 (1991) 846. L'affirmation concerne l'initiative économique, mais elle semble pouvoir aussi s'étendre correctement aux autres secteurs de l'action personnelle.
  5. 439. Cf. Jean-Paul II, Encycl. Centesimus annus, 17: AAS 83 (1991) 814-815.
  6. 440. Cf. Jean XXIII, Encycl. Pacem in terris: AAS 55 (1963) 289-290.