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DIN · Encyclique · François · 2024 · FR · 220 paragraphes · vatican.va ↗

Saint Jean-Paul II dit que, « la civilisation du Cœur du Christ pourra être bâtie sur les ruines accumulées par la haine et la violence » en nous abandonnant à ce Cœur. Cela implique certainement que nous soyons capables de « joindre l’amour filial envers Dieu à l’amour du prochain ». Telle est en réalité « la véritable réparation demandée par le Cœur du Sauveur ». 192S. Jean-Paul II, Lettre au Préposé Général de la Compagnie de Jésus, Paray-le-Monial, 5 octobre 1986 : L’Osservatore Romano, 6 octobre 1986, p. 7. Avec le Christ, nous sommes appelés à construire une nouvelle civilisation de l’amour sur les ruines que nous avons laissées en ce monde par notre péché. Telle est la réparation que le Cœur du Christ attend de nous. Au milieu du désastre laissé par le mal, le Cœur du Christ veut avoir besoin de notre collaboration pour reconstruire le bien et le beau.

Il est vrai que tout péché nuit à l’Église et à la société, de sorte qu’ « on peut attribuer indiscutablement à tout péché le caractère de péché social ». Cependant, cela est particulièrement vrai pour certains péchés qui « constituent, par leur objet même, une agression directe envers le prochain ». 193Id., Exhort. ap. post. syn. Reconciliatio et Paenitentia (2 décembre 1984), n. 16 : AAS 77 (1985), p. 215. Saint Jean-Paul II explique que la répétition de ces péchés contre les autres finit souvent par renforcer une « structure de péché » nuisant au développement des peuples. 194Cf. Id., Lett. enc. Sollicitudo Rei Socialis (30 décembre 1987), n. 36 : AAS 80 (1988), pp. 561-562. Cela est souvent ancré dans une mentalité dominante qui considère normal ou rationnel ce qui n’est rien d’autre que de l’égoïsme et de l’indifférence. Ce phénomène peut être défini comme une “aliénation sociale” : « Une société est aliénée quand, dans les formes de son organisation sociale, de la production et de la consommation, elle rend plus difficile la réalisation de ce don et la constitution de cette solidarité entre hommes ». 195Id., Lett. enc. Centesimus annus (1 mai 1991), n. 41 : AAS 83 (1991), p.845. Ce n’est pas seulement une norme morale qui nous pousse à résister à ces structures sociales aliénées, les mettre à nu et susciter un dynamisme social qui restaure et construit le bien, mais c’est la « conversion du cœur » elle-même qui « impose l’obligation » 196Catéchisme de l’Église Catholique, n. 1888. de restaurer ces structures. Telle est notre réponse au Cœur aimant de Jésus-Christ qui nous apprend à aimer.

C’est précisément parce que la réparation évangélique a cette forte signification sociale que nos actes d’amour, de service, de réconciliation, pour être effectivement réparateurs, ont besoin que le Christ les pousse, les motive, les rende possibles. Saint Jean-Paul II a également déclaré que, pour construire la civilisation de l’amour, l’humanité a aujourd’hui besoin du Cœur du Christ. 197Cf. Catéchèse, 8 juin 1994 : L’Osservatore Romano, 9 juin 1994, p. 5. La réparation chrétienne ne peut être comprise uniquement comme un ensemble d’œuvres extérieures, bien qu’indispensables et parfois admirables. Elle exige une mystique, une âme, un sens qui leur donne force, élan et créativité inlassables. Elle a besoin de la vie, du feu et de la lumière qui procèdent du Cœur du Christ.

Notes

  1. 192. S. Jean-Paul II, Lettre au Préposé Général de la Compagnie de Jésus, Paray-le-Monial, 5 octobre 1986 : L’Osservatore Romano, 6 octobre 1986, p. 7.
  2. 193. Id., Exhort. ap. post. syn. Reconciliatio et Paenitentia (2 décembre 1984), n. 16 : AAS 77 (1985), p. 215.
  3. 194. Cf. Id., Lett. enc. Sollicitudo Rei Socialis (30 décembre 1987), n. 36 : AAS 80 (1988), pp. 561-562.
  4. 195. Id., Lett. enc. Centesimus annus (1 mai 1991), n. 41 : AAS 83 (1991), p.845.
  5. 196. Catéchisme de l’Église Catholique, n. 1888.
  6. 197. Cf. Catéchèse, 8 juin 1994 : L’Osservatore Romano, 9 juin 1994, p. 5.