TheoFons

Compendium de la doctrine sociale de l'Église

DSE · C. Justice & Paix · 2004 · FR · 583 paragraphes · vatican.va ↗

L'homme ne peut tendre au bien que dans la liberté que Dieu lui a donnée comme signe sublime de son image: 251Cf. Catéchisme de l'Église Catholique, 1705. « Dieu a voulu le laisser à son propre conseil (cf. Si 15, 14) pour qu'il puisse de lui-même chercher son Créateur et, en adhérant librement à Lui, s'achever ainsi dans une bienheureuse plénitude. La dignité de l'homme exige donc de lui qu'il agisse selon un choix conscient et libre, mû et déterminé par une conviction personnelle et non sous le seul effet de poussées instinctives ou d'une contrainte extérieure ».252Concile Œcuménique Vatican II, Const. past. Gaudium et spes, 17: AAS 58 (1966) 1037; Catéchisme de l'Église Catholique, 1730-1732. À juste titre, l'homme apprécie la liberté et la cherche passionnément: à juste titre, il veut et doit former et conduire, de sa libre initiative, sa vie personnelle et sociale, en en assumant personnellement la responsabilité.253Cf. Jean-Paul II, Encycl. Veritatis splendor, 34: AAS 85 (1993) 1160-1161; Concile Œcuménique Vatican II, Const. past. Gaudium et spes, 17: AAS 58 (1966) 1038. De fait, non seulement la liberté permet à l'homme de modifier convenablement l'état de choses qui lui est extérieur, mais elle détermine la croissance de son être en tant que personne, par des choix conformes au vrai bien: 254Cf. Catéchisme de l'Église Catholique, 1733. de la sorte, l'homme s'engendre lui-même, il est le père de son propre être,255Cf. Saint Grégoire de Nysse, De vita Moysis, 2, 2-3: PG 44, 327B-328B: « ... unde fit, ut nos ipsi patres quodammodo simus nostri... vitii ac virtutis ratione fingentes ». il construit l'ordre social.256Cf. Jean-Paul II, Encycl. Centesimus annus, 13: AAS 83 (1991) 809-810.

La liberté n'est pas en opposition avec la dépendance de l'homme, en tant que créature, par rapport à Dieu.257Cf. Catéchisme de l'Église Catholique, 1706. La Révélation enseigne que le pouvoir de déterminer le bien et le mal n'appartient pas à l'homme, mais à Dieu seul (cf. Gn 2, 16-17): « Assurément, l'homme est libre du fait qu'il peut comprendre et recevoir les commandements de Dieu. Et il jouit d'une liberté très considérable, puisqu'il peut manger “de tous les arbres du jardin”. Mais cette liberté n'est pas illimitée: elle doit s'arrêter devant “l'arbre de la connaissance du bien et du mal”, car elle est appelée à accepter la loi morale que Dieu donne à l'homme. En réalité, c'est dans cette acceptation que la liberté humaine trouve sa réalisation plénière et véritable ».258Jean-Paul II, Encycl. Veritatis splendor, 35: AAS 85 (1993) 1161-1162.

Le juste exercice de la liberté personnelle exige des conditions précises d'ordre économique, social, juridique, politique et culturel qui « sont trop souvent méconnues et violées. Ces situations d'aveuglement et d'injustice grèvent la vie morale et placent aussi bien les forts que les faibles en tentation de pécher contre la charité. En s'écartant de la loi morale, l'homme porte atteinte à sa propre liberté, il s'enchaîne à lui-même, rompt la fraternité de ses semblables et se rebelle contre la vérité divine ».259Catéchisme de l'Église Catholique, 1740. La libération des injustices promeut la liberté et la dignité de l'homme: toutefois, « il faut d'abord faire appel aux capacités spirituelles et morales de la personne et à l'exigence permanente de conversion intérieure si l'on veut obtenir des changements économiques et sociaux qui soient vraiment au service de l'homme ».260Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Instr. Libertatis conscientia, 75: AAS 79 (1987) 587.

Notes

  1. 251. Cf. Catéchisme de l'Église Catholique, 1705.
  2. 252. Concile Œcuménique Vatican II, Const. past. Gaudium et spes, 17: AAS 58 (1966) 1037; Catéchisme de l'Église Catholique, 1730-1732.
  3. 253. Cf. Jean-Paul II, Encycl. Veritatis splendor, 34: AAS 85 (1993) 1160-1161; Concile Œcuménique Vatican II, Const. past. Gaudium et spes, 17: AAS 58 (1966) 1038.
  4. 254. Cf. Catéchisme de l'Église Catholique, 1733.
  5. 255. Cf. Saint Grégoire de Nysse, De vita Moysis, 2, 2-3: PG 44, 327B-328B: « ... unde fit, ut nos ipsi patres quodammodo simus nostri... vitii ac virtutis ratione fingentes ».
  6. 256. Cf. Jean-Paul II, Encycl. Centesimus annus, 13: AAS 83 (1991) 809-810.
  7. 257. Cf. Catéchisme de l'Église Catholique, 1706.
  8. 258. Jean-Paul II, Encycl. Veritatis splendor, 35: AAS 85 (1993) 1161-1162.
  9. 259. Catéchisme de l'Église Catholique, 1740.
  10. 260. Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Instr. Libertatis conscientia, 75: AAS 79 (1987) 587.