La solution du problème du développement requiert la coopération entre les différentes communautés politiques. Celles-ci « se conditionnent réciproquement, et on peut affirmer que chacune se développe en contribuant au développement des autres. Par suite entente et collaboration s'imposent entre elles ».925Jean XXIII, Encycl. Mater et magistra: AAS 53 (1961) 449; cf. Pie XII, Radio- message de Noël (24 décembre 1945): AAS 38 (1946) 22. Le sous-développement semble une situation impossible à éliminer, presque une condamnation fatale, si l'on considère le fait qu'il n'est pas seulement le fruit de choix humains erronés, mais aussi le résultat de « mécanismes économiques, financiers et sociaux » 926Jean-Paul II, Encycl. Sollicitudo rei socialis, 16: AAS 80 (1988) 531. et de « structures de péché » 927Jean-Paul II, Encycl. Sollicitudo rei socialis, 36-37, 39: AAS 80 (1988) 561-564, 567. qui empêchent le plein développement des hommes et des peuples. Ces difficultés doivent cependant être affrontées avec une détermination ferme et persévérante, car le développement n'est pas seulement une aspiration, mais un droit 928Cf. Paul VI, Encycl. Populorum progressio, 22: AAS 59 (1967) 268; Id., Lettre apost. Octogesima adveniens, 43: AAS 63 (1971) 431-432; Id., Discours à l'Organisation Internationale du Travail (10 juin 1969), 22: AAS 61 (1969) 500-501; Jean-Paul II, Encycl. Sollicitudo rei socialis, 32-33: AAS 80 (1988) 556-559; Id., Encycl. Centesimus annus, 35: AAS 83 (1991) 836-838; Id., Discours au Congrès de doctrine sociale de l'Église (20 juin 1997), 5: L'Osservatore Romano, éd. française, 24 juin 1997, p. 1; Id., Discours à des dirigeants syndicaux et à des chefs d'entreprise (2 mai 2000), 3: La Documentation Catholique, nº 2226 (2000), p. 456. qui, comme tout droit, implique une obligation: « La collaboration au développement de tout l'homme et de tout homme est en effet un devoir de tous envers tous, et elle doit en même temps être commune aux quatre parties du monde: Est et Ouest, Nord et Sud ».929Jean-Paul II, Encycl. Sollicitudo rei socialis, 32: AAS 80 (1988) 556. Dans la vision du Magistère, le droit au développement se fonde sur les principes suivants: unité d'origine et communauté de destin de la famille humaine; égalité entre toutes les personnes et entre toutes les communautés basée sur la dignité humaine; destination universelle des biens de la terre; intégralité de la notion de développement, caractère central de la personne humaine; et solidarité.
La doctrine sociale encourage des formes de coopération capables de favoriser l'accès au marché international de la part des pays marqués par la pauvreté et le sous-développement: « Il n'y a pas très longtemps, on soutenait que le développement supposait, pour les pays les plus pauvres, qu'ils restent isolés du marché mondial et ne comptent que sur leurs propres forces. L'expérience de ces dernières années a montré que les pays qui se sont exclus des échanges généraux de l'activité économique sur le plan international ont connu la stagnation et la régression, et que le développement a bénéficié aux pays qui ont réussi à y entrer. Il semble donc que le problème essentiel soit d'obtenir un accès équitable au marché international, fondé non sur le principe unilatéral de l'exploitation des ressources naturelles, mais sur la valorisation des ressources humaines ».930Jean-Paul II, Encycl. Centesimus annus, 33: AAS 83 (1991) 835. Parmi les causes qui concourent le plus à déterminer le sous-développement et la pauvreté, en plus de l'impossibilité d'accéder au marché international,931Cf. Paul VI, Encycl. Populorum progressio, 56-61: AAS 59 (1967) 285-287. il faut mentionner l'analphabétisme, l'insécurité alimentaire, l'absence de structures et de services, le manque de mesures pour garantir l'assistance sanitaire de base, le manque d'eau potable, la corruption, la précarité des institutions et de la vie politique elle-même. Il existe un lien, dans de nombreux pays, entre la pauvreté et le manque de liberté, de possibilités d'initiative économique, d'administration de l'État capable de mettre en place un système approprié d'éducation et d'information.
L'esprit de la coopération internationale requiert qu'au-dessus de la logique étroite du marché, il y ait la conscience d'un devoir de solidarité, de justice sociale et de charité universelle; 932Cf. Paul VI, Encycl. Populorum progressio, 44: AAS 59 (1967) 279. de fait, il existe « un certain dû à l'homme parce qu'il est homme, en raison de son éminente dignité ».933Jean-Paul II, Encycl. Centesimus annus, 34: AAS 83 (1991) 836. La coopération est la voie que la Communauté internationale dans son ensemble doit s'engager à parcourir « en fonction d'une juste conception du bien commun de la famille humaine tout entière ».934Jean-Paul II, Encycl. Centesimus annus, 58: AAS 83 (1991) 863. Il en découlera des effets très positifs, comme par exemple un accroissement de la confiance dans les potentialités des personnes pauvres et donc des pays pauvres et une juste répartition des biens.