Le sanctuaire est le lieu où se dresse l’autel, où est proclamée la parole de Dieu, où le prêtre, le diacre et les autres ministres exercent leurs fonctions. Il convient qu’il se distingue du reste de l´église soit par une certaine élévation, soit par une structure et une ornementation particulières. Il doit être assez vaste pour que la célébration de l’Eucharistie puisse être accomplie et vue facilement115Cf. ibidem, n. 91..
L´autel, où le sacrifice de la croix est rendu présent sous les signes sacramentels, est aussi la table du Seigneur à laquelle, dans la messe, le peuple de Dieu est invité à participer; il est aussi le centre de l´action de grâce qui s´accomplit pleinement par l´Eucharistie.
Dans un lieu destiné au culte, la célébration de l´Eucharistie doit s´accomplir sur un autel; en dehors d´un lieu sacré, elle peut s´accomplir même sur une table convenable, où l´on mettra toujours la nappe et le corporal, la croix et les chandeliers.
Il convient que dans toutes les églises il y ait un autel fixe, qui signifie, de manière claire permanente le Christ Jésus, Pierre vivante (1P 2,4 ; cf. Ep 2,20) ; mais dans les autres lieux destinés aux célébrations sacrées, l’autel peut être mobile. L´autel est appelé fixe s´il est construit de telle sorte qu’il adhère au pavement et qu’il ne puisse donc pas être déplacé; on l´appelle mobile s´il peut être déplacé.
Il convient, partout où c’est possible, que l’autel soit érigé à une distance du mur qui permette d´en faire aisément le tour et d´y célébrer face au peuple. On lui donnera l´emplacement qui en fera le centre où converge spontanément l´attention de toute l´assemblée des fidèles116Cf. ibidem.. Normalement, il sera fixe et dédicacé.
L’autel, qu’il soit fixe ou mobile, sera dédicacé selon le rite du Pontifical romain; cependant l’autel mobile pourra être simplement béni.
Selon une coutume et un symbolisme traditionnels dans l´Église, la table d´un autel fixe sera en pierre et même en pierre naturelle. Cependant on pourra aussi employer, au jugement de la Conférence des évêques, un autre matériau digne, solide et bien travaillé. Les colonnes ou la base soutenant la table peuvent être en n´importe quel autre matériau, pourvu qu´il soit digne et solide. L´autel mobile peut être construit en n´importe quelles matières nobles et solides, et qui, selon les traditions et les coutumes des diverses régions, conviennent à l´usage liturgique.
Il est opportun de garder l´usage de déposer sous l´autel à dédicacer des reliques de saints, même non martyrs. On veillera cependant à vérifier l´authenticité de ces reliques.
Dans la construction des églises nouvelles, il faut n’élever qu’un seul autel, qui soit le signe, au milieu de l’assemblée des fidèles, de l’unique Christ et de l’unique Eucharistie de l’Eglise. Dans les églises déjà construites, lorsque la situation de l’ancien autel rend difficile la participation du peuple et qu’on ne peut le déplacer sans porter atteinte à sa valeur artistique, on édifiera un autre autel fixe, bâti avec art et qui sera dédicacé ; et c’est seulement sur cet autel que s’accompliront les célébrations liturgiques. Pour éviter que l’attention des fidèles ne soit distraite du nouvel autel, on ne donnera pas à l’ancien d’ornementation particulière.
Par respect pour la célébration du mémorial du Seigneur et pour le banquet où nous sont donnés le Corps et le Sang du Seigneur, on mettra sur l´autel où l’on célèbre au moins une nappe blanche qui par sa forme, ses dimensions et sa décoration convienne à la structure de cet autel.
Pour décorer l’autel, on fera preuve de sobriété. Pendant l’Avent, l’autel sera décoré de fleurs avec la sobriété qui convient au caractère de ce temps et sans anticiper la joie complète de la Nativité du Seigneur. Pendant le Carême, les fleurs à l’autel sont interdites, à l’exception du quatrième dimanche (Laetare), des solennités et des fêtes. La décoration florale doit toujours être discrète, et disposée autour de l’autel plutôt que sur la table.
On ne mettra sur la table de l’autel que ce qui est requis pour la célébration de la messe, c’est-à-dire l’Evangéliaire, depuis le début de la célébration jusqu’à la proclamation de l’Evangile ; et depuis la présentation des dons jusqu’à la purification des vases, le calice avec la patène, le ciboire si c’est nécessaire, enfin le corporal, le purificatoire, la pale et le missel. On disposera en outre de manière discrète ce qui pourrait être nécessaire pour amplifier la voix du prêtre.
Les chandeliers, qui sont requis pour chacune des actions liturgiques (cf. n. 117) afin d´exprimer notre vénération et le caractère festif de la célébration, seront placés, compte tenu de la structure de l´autel et du sanctuaire, ou bien sur l´autel, ou bien autour de lui, de manière à réaliser un ensemble harmonieux, et sans que les fidèles soient gênés pour bien voir ce qui se fait à l´autel ou ce que l´on y dépose.
De même, sur l´autel ou à proximité, il y aura une croix, bien visible pour l´assemblée, et portant l’effigie du Christ crucifié. Il convient que cette croix demeure près de l’autel même en dehors des célébrations liturgiques, pour rappeler aux fidèles la passion rédemptrice du Seigneur.
La dignité de la parole de Dieu requiert qu’il y ait dans l´église un lieu adapté à sa proclamation et vers lequel, pendant la liturgie de la Parole, se tourne spontanément l´attention des fidèles117Cf. ibidem, n. 96.. Il convient en règle générale que ce lieu soit un ambon fixe et non un simple pupitre mobile. On aménagera l´ambon, en fonction des données architecturales de chaque église, de telle sorte que les fidèles voient et entendent bien les ministres ordonnés et les lecteurs. C’est uniquement de l’ambon que sont proclamés les lectures, le psaume responsorial et l’annonce de la Pâque; on peut aussi y prononcer l´homélie et les intentions de la prière universelle. La dignité de l’ambon exige que seul le ministre de la Parole y monte. Il convient qu’un nouvel ambon soit béni avant d’être mis en service pour la liturgie, selon le rite prévu dans le Rituel romain118Cf. Rituel romain, Livre des bénédictions, Pour inaugurer un ambon, nn. 900-918..
Le siège du prêtre célébrant doit être le signe de la fonction de celui qui préside l´assemblée et dirige sa prière. Par conséquent, il sera bien placé s´il est tourné vers le peuple, et situé dans l’axe du sanctuaire, à moins que la structure de l´édifice ou d´autres circonstances ne s´y opposent, par exemple si la trop grande distance rend difficile la communication entre le prêtre et l´assemblée des fidèles, ou si le tabernacle se trouve derrière l’autel, au milieu. On évitera toute apparence de trône119Cf. S. Cong. des Rites, Instruction Inter oecumenici, du 26 septembre 1964, n. 92 : DC 1435 (1964), 1374.. Il convient que le siège soit béni avant d’être mis en service pour la liturgie, selon le rite prévu dans le Rituel romain120Cf. Rituel romain, Livre des bénédictions, Pour inaugurer un siège épiscopal ou un siège de présidence, nn. 880-899.. On disposera aussi dans le sanctuaire des sièges pour les prêtres concélébrants, ainsi que pour les prêtres revêtus de l’habit de chœur qui participent à la célébration sans concélébrer. On placera le siège du diacre près de celui du prêtre célébrant. Quant aux autres ministres, on disposera leurs sièges de manière à les distinguer clairement des sièges du clergé, et pour qu’ils puissent accomplir facilement leurs fonctions121Cf. S. Cong. des Rites, Instruction Inter oecumenici, du 26 septembre 1964, n. 92 : DC 1435 (1964), 1374..