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DN · François · 2024 · FR · 220 paragraphes · vatican.va ↗

Ce n’est qu’à partir du cœur que nos communautés parviendront à unir leurs intelligences et leurs volontés, et à les pacifier pour que l’Esprit nous guide en tant que réseau de frères ; car la pacification est aussi une tâche du cœur. Le Cœur du Christ est extase, il est sortie, il est don, il est rencontre. En Lui, nous devenons capables de relations saines et heureuses les uns avec les autres et de construire le Royaume de l’amour et de la justice dans ce monde. Notre cœur uni à celui du Christ est capable de ce miracle social.

Prendre le cœur au sérieux a des conséquences sociales. Comme l’enseigne le Concile Vatican II, « nous avons tous assurément à changer notre cœur et à ouvrir les yeux sur le monde, comme sur les tâches que nous pouvons entreprendre tous ensemble pour le progrès du genre humain ». 20Const. past. Gaudium et spes, n. 82. Car « les déséquilibres qui travaillent le monde moderne sont liés à un déséquilibre plus fondamental qui prend racine dans le cœur même de l’homme ». 21Ibid., n. 10. Face aux drames du monde, le Concile nous invite à revenir au cœur, expliquant que l’être humain, « par son intériorité, dépasse l’univers des choses : c’est à ces profondeurs qu’il revient lorsqu’il fait retour en lui-même où l’attend ce Dieu qui scrute les cœurs (cf. 1 S 16, 7 ; Jr 17, 10) et où il décide personnellement de son propre sort sous le regard de Dieu ». 22Ibid., n. 14.

Cela ne signifie pas qu’il faille trop compter sur soi-même. Prenons garde : rendons-nous compte que notre cœur n’est pas autosuffisant, qu’il est fragile et blessé. Il a une dignité ontologique mais, en même temps, il doit chercher une vie plus digne. 23Cf. Dicastère pour la Doctrine de la Foi, Déc. Dignitas infinita (12 avril 2024), n. 8 : Cf. L’Osservatore Romano, 8 avril 2024. Le Concile Vatican II déclare également : « Quant au ferment évangélique, c’est lui qui a suscité et suscite dans le cœur humain une exigence incoercible de dignité », 24Const. past. Gaudium et spes, n. 26. mais pour vivre selon cette dignité, il ne suffit pas de connaître l’Évangile ni de faire mécaniquement ce qu’il nous commande. Nous avons besoin de l’aide de l’amour divin. Allons vers le Cœur du Christ, le centre de son être qui est une fournaise ardente d’amour divin et humain et qui est la plus grande plénitude que l’homme puisse atteindre. C’est là, dans ce Cœur, que nous nous reconnaissons finalement nous-mêmes et que nous apprenons à aimer.

En définitive, le Sacré-Cœur est le principe unificateur de la réalité, car « le Christ est le cœur du monde ; sa Pâque de mort et de résurrection est le centre de l’histoire qui, grâce à Lui, est histoire de salut ». 25S. Jean-Paul II, Angélus, 28 juin 1998 : L’Osservatore Romano, 30 juin-1 er juillet 1998, p. 7. Toutes les créatures « avancent, avec nous et par nous, jusqu’au terme commun qui est Dieu, dans une plénitude transcendante où le Christ ressuscité embrasse et illumine tout ». 26Lett. enc. Laudato si’ (24 mai 2015), n. 83 : AAS 107 (2015), p. 880. Devant le Cœur du Christ, je demande au Seigneur d’avoir à nouveau compassion pour cette terre blessée qu’Il a voulu habiter comme l’un de nous. Qu’Il répande les trésors de sa lumière et de son amour, afin que notre monde, qui survit au milieu des guerres, des déséquilibres socioéconomiques, du consumérisme et de l’utilisation antihumaine de la technologie, puisse retrouver ce qui est le plus important et le plus nécessaire : le cœur.

Notes

  1. 20. Const. past. Gaudium et spes, n. 82.
  2. 21. Ibid., n. 10.
  3. 22. Ibid., n. 14.
  4. 23. Cf. Dicastère pour la Doctrine de la Foi, Déc. Dignitas infinita (12 avril 2024), n. 8 : Cf. L’Osservatore Romano, 8 avril 2024.
  5. 24. Const. past. Gaudium et spes, n. 26.
  6. 25. S. Jean-Paul II, Angélus, 28 juin 1998 : L’Osservatore Romano, 30 juin-1 er juillet 1998, p. 7.
  7. 26. Lett. enc. Laudato si’ (24 mai 2015), n. 83 : AAS 107 (2015), p. 880.