Lorsque la prière universelle est achevée, tous s’assoient et on commence le chant d’offertoire (cf. n. 74). L’acolyte ou un autre ministre laïc met sur l´autel le corporal, le purificatoire, le calice, la pale et le missel.
Il est bien que la participation des fidèles se manifeste par l´offrande du pain et du vin pour la célébration de l´Eucharistie, comme par d´autres dons destinés à subvenir aux besoins de l´Église et des pauvres. Les offrandes des fidèles sont reçues par le prêtre, avec l´aide de l’acolyte ou d’un autre ministre. Le pain et le vin pour l’Eucharistie sont présentés au prêtre célébrant qui les dépose sur l’autel ; les autres dons sont placés à un autre endroit approprié (cf. n. 73).
Le prêtre, à l´autel, reçoit la patène avec le pain, et il la tient des deux mains un peu élevée au-dessus de l´autel, en disant à voix basse : Benedictus es, Domine (Tu es béni). Ensuite, il dépose la patène avec le pain sur le corporal.
Puis, se tenant sur le côté de l´autel, le prêtre verse dans le calice le vin et un peu d´eau qu’un ministre lui présente dans les burettes, et il dit à voix basse : Per huius aquae (Comme cette eau). Revenu au milieu de l´autel, il élève un peu le calice qu´il tient des deux mains, en disant à voix basse : Benedictus es, Domine (Tu es béni). Puis il dépose le calice sur l´autel et, si cela est opportun, le couvre de la pale. S’il n’y a pas de chant d’offertoire ou si l’on ne joue pas de l’orgue, le prêtre peut, en présentant le pain et le vin, dire à haute voix les formules de bénédiction, et chaque fois le peuple répond : Benedictus Deus in saecula (Béni soit Dieu).
Après avoir déposé le calice sur l´autel, le prêtre, profondément incliné, dit à voix basse: In spiritu humilitatis (Humbles et pauvres).
Ensuite, si on emploie l’encens, le prêtre en met dans l’encensoir, le bénit sans rien dire et encense les offrandes, la croix et l´autel. C’est le ministre qui, en se tenant sur le côté de l’autel, encense le prêtre, puis le peuple.
Après la prière In spiritu humilitatis (Humbles et pauvres), ou après l´encensement, le prêtre, debout sur le côté de l´autel, se lave les mains, en disant à voix basse : Lava me, Domine (lave-moi de mes fautes) tandis que le ministre verse l´eau.
Revenu ensuite au milieu de l´autel, le prêtre, en se tournant vers le peuple, et en étendant puis en joignant les mains, invite le peuple à la prière en disant: Orate, fratres (Prions ensemble). Le peuple se lève et répond : Suscipiat Dominus (Pour la gloire de Dieu). Ensuite, le prêtre, les mains étendues, dit la prière sur les offrandes. A la fin, le peuple répond : Amen.
Le prêtre commence alors la Prière eucharistique. Il choisit, selon les rubriques, une de celles qui se trouvent dans le Missel romain ou qui ont été approuvées par le Siège Apostolique. La Prière eucharistique exige, de par sa nature, que seul le prêtre la prononce, en vertu de son ordination. Le peuple s’associe au prêtre dans la foi et en silence, ainsi que par les interventions prévues au cours de la prière : les réponses au dialogue de la préface, le Sanctus, l’acclamation après la consécration, l’acclamation Amen après la doxologie finale, ainsi que les autres acclamations approuvées par la Conférence des évêques et reconnues par le Saint-Siège. Il convient tout à fait que le prêtre chante les parties de la Prière eucharistique mises en musique.
Le prêtre commence la Prière eucharistique en étendant les mains ; il chante ou dit : Dominus vobiscum (Le Seigneur soit avec vous), et le peuple répond : Et cum spiritu tuo (Et avec votre esprit). Il reprend en élevant les mains: Sursum corda (Elevons notre cœur). Le peuple répond : Habemus ad Dominum (Nous le tournons vers le Seigneur). Puis le prêtre ajoute, les mains étendues: Gratias agamus Domino Deo nostro (Rendons grâce au Seigneur notre Dieu), et le peuple répond: Dignum et iustum est (Cela est juste et bon). Alors le prêtre, les mains étendues, poursuit la préface. Lorsqu´elle est finie, les mains jointes, avec toute l’assistance, il chante ou il dit à voix haute : Sanctus (Saint !) (cf. n. 79b).
Le prêtre continue la Prière eucharistique, selon les rubriques qui se trouvent dans chacune de ces prières. Si le célébrant est évêque, après les mots : Papa nostro N. (après la mention du Pape), il dit dans les prières: et me indigno famulo tuo (pour moi-même, ton humble serviteur). De même, si l’évêque célèbre hors de son diocèse, après les mots : Papa nostro N. (après la mention du Pape), il ajoute : et me indigno famulo tuo, et fratre meo N., Episcopo huius Ecclesiae N. (pour moi-même, ton humble serviteur, pour mon frère N., évêque de cette Eglise de N.) On doit nommer l´évêque diocésain ou celui qui lui est équiparé en droit en disant cette formule: una cum famulo tuo Papa nostro N. et Episcopo ( ou Vicario, Praelato, Praefecto, Abbate) nostro N. (pour notre évêque, ou vicaire apostolique ou prélat ou préfet apostolique ou abbé N.) Dans la Prière eucharistique, on peut aussi nommer les évêques coadjuteurs et auxiliaires mais non les autres évêques qui seraient présents. Quand il y en a plusieurs à nommer, on emploie une formule générale : et Episcopo nostro N. eiusque Episcopis adiutoribus. (pour notre évêque N. et les évêques qui collaborent avec lui). Dans chaque Prière eucharistique on adaptera les formules pour respecter les normes grammaticales.
Un peu avant la consécration, un ministre, si cela est opportun, avertit les fidèles avec la clochette. Puis, il sonne également la clochette à chaque élévation du pain et du vin, conformément aux usages de chaque lieu. Si l’on emploie l’encens, quand le prêtre montre l’hostie et le calice au peuple après la consécration, un ministre les encense.
Après la consécration, le prêtre dit : Mysterium fidei (Il est grand, le mystère de la foi), et le peuple poursuit par l’acclamation correspondante, selon l’une des formules prescrites. A la fin de la Prière eucharistique, le prêtre prend la patène avec l’hostie et le calice et les élève, en disant seul la doxologie : Per ipsum (Par lui). Le peuple acclame : Amen. Ensuite, le prêtre dépose la patène et le calice sur le corporal.
Lorsque est achevée la Prière eucharistique, le prêtre, les mains jointes, dit la monition qui précède l´oraison dominicale, puis il poursuit avec le peuple, les mains étendues.
Lorsque l´oraison dominicale est terminée, les mains étendues, le prêtre dit seul l´embolisme Libera nos (Délivre-nous), et à la fin le peuple acclame: Quia tuum est regnum (Car c’est à toi qu’appartiennent).
Ensuite le prêtre, les mains étendues, dit à haute voix la prière: Domine Iesu Christe, qui dixisti (Seigneur Jésus Christ, tu as dit à tes Apôtres). Lorsqu´elle est finie, il étend puis joint les mains et il dit, tourné vers le peuple Pax Domini sit semper vobiscum (Que la paix du Seigneur soit toujours avec vous). Le peuple répond: Et cum spiritu tuo (Et avec votre esprit). Ensuite, si cela est opportun, le prêtre ajoute: Offerte vobis pacem (Frères, dans la charité du Christ, donnez-vous la paix). Le prêtre peut donner la paix aux ministres, en restant cependant toujours dans le sanctuaire, pour ne pas troubler la célébration. Il fera de même s’il veut donner la paix, pour une juste cause, à quelques fidèles. Tous se manifestent la paix, la communion et la charité mutuelle selon la manière établie par la Conférence des évêques. En se donnant la paix, on peut dire : Pax Domini sit semper tecum (Que la paix du Seigneur soit toujours avec vous), à quoi on répond : Amen.
Après cela, le prêtre prend l´hostie, la rompt au-dessus de la patène, et en met une parcelle dans le calice en disant à voix basse: Haec commixtio (Que le Corps et le Sang). Pendant ce temps, le chœur et le peuple chantent ou disent: Agnus Dei (Agneau de Dieu) (cf. n. 83).
Alors le prêtre dit, à voix basse et les mains jointes, la prière pour la communion: Domine Iesu Christe, Filii Dei vivi (Seigneur Jésus Christ, Fils du Dieu vivant) ou Perceptio Corporis et Sanguinis (Seigneur Jésus Christ, que cette communion)..
Cette prière terminée, le prêtre fait la génuflexion, prend l´hostie consacrée à cette même messe et, la tenant un peu élevée au-dessus de la patène ou du calice, tourné vers le peuple, il dit: Ecce Agnus Dei (Voici l’Agneau de Dieu), et il ajoute avec le peuple: Domine, non sum dignus (Seigneur, je ne suis pas digne).
Ensuite, en se tournant vers l´autel, le prêtre dit à voix basse: Corpus Christi custodiat me in vitam aeternam (Que le Corps du Christ me garde pour la vie éternelle), et il consomme avec respect le Corps du Christ. Puis il prend le calice, dit à voix basse: Sanguis Christi custodiat me in vitam aeternam (Que le Sang du Christ me garde pour la vie éternelle), et boit avec respect le Sang du Christ.
Pendant que le prêtre consomme le Sacrement, on commence le chant de communion (cf. n. 86).
Le prêtre prend alors la patène ou le ciboire, et s´approche des communiants qui ordinairement s’avancent en procession. Il n’est pas permis aux fidèles de prendre eux-mêmes le pain consacré ou le calice, encore moins de se le transmettre de main en main. Les fidèles communient à genoux ou debout, selon ce qu’aura établi la Conférence des évêques. Quand ils communient debout, il leur est recommandé, avant de recevoir le Sacrement, de faire un geste de vénération approprié, que la Conférence des évêques aura établi.
Si la communion est donnée seulement sous l´espèce du pain, le prêtre montre à chacun l´hostie en l´élevant légèrement et dit: Corpus Christi (Le Corps du Christ). Le communiant répond: Amen, et reçoit le Sacrement dans la bouche ou bien, là où cela c’est autorisé, dans la main, selon son choix. Celui qui reçoit la sainte hostie pour communier la consomme aussitôt et intégralement. Si la communion est donnée sous les deux espèces, on observera le rite décrit en son lieu (cf. n. 284-287).
Pour distribuer la communion, le prêtre peut se faire aider par d’autres prêtres qui seraient là. S’il n’y en a pas et que le nombre des communiants soit vraiment élevé, le prêtre peut faire appel pour l’aider à des ministres extraordinaires, c’est-à-dire à un acolyte institué ou même à d’autres fidèles qui sont députés pour accomplir ce rite97Cf. S. Cong. pour les Sacrements et le Culte divin, Instruction Inaestimabile donum, du 3 avril 1980, n. 10 : DC 1789 (1980), 642 ; Instruction interdicastérielle sur certaines questions au sujet de la coopération des fidèles laïcs au ministère des prêtres, Ecclesiae de mysterio, du 15 août 1997, art. 8 : DC 2171 (1997), 1016-1017.. En cas de nécessité, le prêtre peut, pour l’occasion, députer des fidèles capables98Cf. ci-dessous : Rite pour déléguer, occasionnellement, un ministre pour distribuer la communion, p.xxx. Ces ministres ne doivent pas avancer vers l’autel avant que le prêtre ait communié. Ils recevront toujours de sa main les saintes espèces eucharistiques à distribuer aux fidèles.
Lorsque la distribution de la communion est achevée, le prêtre consomme lui-même aussitôt à l’autel le vin consacré qui pourrait rester ; quant aux hosties consacrées qui restent, ou il les consomme à l’autel, ou il les porte au lieu destiné à conserver l’Eucharistie. Revenu à l´autel, le prêtre recueille les fragments, s´il y en a; puis, se tenant à l´autel ou à la crédence, il purifie la patène ou le ciboire au-dessus du calice; ensuite, disant à voix basse: Quod ore sumpsimus (Puissions-nous accueillir d’un cœur pur), il purifie le calice et l´essuie avec le purificatoire. Si les vases purifiés sont à l´autel, le ministre les porte à la crédence. Mais il est permis de laisser les vases à purifier, surtout s´ils sont nombreux, après les avoir recouverts comme il faut, à l´autel ou à la crédence, sur le corporal, et de les purifier aussitôt après la messe, une fois le peuple renvoyé.
Après cela, le prêtre peut revenir au siège. On peut observer, pendant un certain temps, un silence sacré ou bien chanter un psaume, un cantique de louange ou une hymne (cf. n. 88).
Ensuite, debout au siège ou à l´autel, le prêtre tourné vers le peuple dit, les mains jointes: Oremus (Prions), puis il prononce, les mains étendues, la prière après la communion, que peut précéder un bref moment de silence, à moins qu´on n´ait déjà gardé le silence aussitôt après la communion. A la fin de la prière, le peuple répond : Amen.