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Amoris Laetitia

AL · François · 2016 · FR · 325 paragraphes · vatican.va ↗

L’hymne de saint Paul, que nous avons parcouru, nous permet de passer à la charité conjugale. C’est l’amour qui unit les époux,115Saint Thomas d’Aquin conçoit l’amour comme « vis unitiva » (Somme Théologique I, 20, art. 1, ad 3), en reprenant une expression de Diogène Ps.-Aeropagite (De divinibus nominibus, IV, PG 3, p. 709). sanctifié, enrichi et éclairé par la grâce du sacrement de mariage. C’est une « union affective »,116Thomas d’Aquin, Somme Théologique II-II, q. 27, art. 2. spirituelle et oblative, mais qui inclut la tendresse de l’amitié et la passion érotique, bien qu’elle soit capable de subsister même lorsque les sentiments et la passion s’affaiblissent. Le Pape Pie XI enseignait que cet amour imprègne tous les devoirs de la vie conjugale et « a une sorte de primauté de noblesse ».117Lettre enc. Casti connubii (31 décembre 1930) : AAS 22 (1930), pp. 547-548. En effet, cet amour fort, répandu par l’Esprit Saint, est un reflet de l’Alliance inébranlable entre le Christ et l’humanité qui culmine dans le don total, sur la croix : « L'Esprit, que répand le Seigneur, leur donne un cœur nouveau et rend l'homme et la femme capables de s'aimer, comme le Christ nous a aimés. L'amour conjugal atteint cette plénitude à laquelle il est intérieurement ordonné, la charité conjugale ».118Jean-Paul II, Exhort. Familiaris consortio (22 novembre 1981), n. 13 : AAS 74 (1982), p. 94.

Le mariage est un signe précieux, parce que « lorsqu’un homme et une femme célèbrent le sacrement de mariage, Dieu pour ainsi dire, se ‘‘reflète’’ en eux, il imprime en eux ses traits et le caractère indélébile de son amour. Le mariage est l’icône de l’amour de Dieu pour nous. En effet, Dieu lui aussi est communion : les trois personnes du Père, du Fils et du Saint Esprit vivent depuis toujours et pour toujours en unité parfaite. Et c’est précisément cela le mystère du mariage : Dieu fait des deux époux une seule existence ».119Catéchèse (2 avril 2014) : L’Osservatore Romano, éd. en langue française (3 avril 2014), p. 2. Cela a des conséquences quotidiennes et très concrètes, car les époux « en vertu du sacrement, sont investis d’une véritable mission, pour qu’ils puissent rendre visible, à partir des choses simples, ordinaires, l’amour avec lequel le Christ aime son Église, en continuant à donner sa vie pour elle ».120Ibid.

Cependant, il ne faut pas confondre des plans différents : il ne faut pas faire peser sur deux personnes ayant leurs limites la terrible charge d’avoir à reproduire de manière parfaite l’union qui existe entre le Christ et son Église ; parce que le mariage, en tant que signe, implique « un processus dynamique qui va peu à peu de l'avant grâce à l'intégration progressive des dons de Dieu ».121Jean-Paul II, Exhort. apost. Familiaris consortio (22 novembre 1981), n. 9 : AAS 74 (1982), p. 90.

Notes

  1. 115. Saint Thomas d’Aquin conçoit l’amour comme « vis unitiva » (Somme Théologique I, 20, art. 1, ad 3), en reprenant une expression de Diogène Ps.-Aeropagite (De divinibus nominibus, IV, PG 3, p. 709).
  2. 116. Thomas d’Aquin, Somme Théologique II-II, q. 27, art. 2.
  3. 117. Lettre enc. Casti connubii (31 décembre 1930) : AAS 22 (1930), pp. 547-548.
  4. 118. Jean-Paul II, Exhort. Familiaris consortio (22 novembre 1981), n. 13 : AAS 74 (1982), p. 94.
  5. 119. Catéchèse (2 avril 2014) : L’Osservatore Romano, éd. en langue française (3 avril 2014), p. 2.
  6. 120. Ibid.
  7. 121. Jean-Paul II, Exhort. apost. Familiaris consortio (22 novembre 1981), n. 9 : AAS 74 (1982), p. 90.