TheoFonsAux sources de la foi

Amoris Laetitia

AL · François · 2016 · FR · 325 paragraphes · vatican.va ↗

La grossesse est une étape difficile, mais aussi un temps merveilleux. La mère collabore avec Dieu pour que se produise le miracle d’une nouvelle vie. La maternité surgit d’une « potentialité particulière de l’organisme féminin qui, grâce à sa nature créatrice caractéristique, sert à la conception et à la génération de l’être humain ». 183Jean-Paul II, Catéchèse (12 mars 1980), n. 3 : L’Osservatore Romano, éd. en langue française, 18 mars 1980, p. 12. Chaque femme participe au mystère de la création qui se renouvelle dans la procréation humaine.184Cf. Ibid. Comme dit le psaume : « C'est toi qui m'as tissé au ventre de ma mère » (139, 13). Tout enfant qui est formé dans le sein de sa mère est un projet éternel de Dieu le Père et de son amour éternel : « Avant même de te modeler au ventre maternel, je t'ai connu ; avant même que tu sois sorti du sein, je t'ai consacré » (Jr 1, 5). Tout enfant est dans le cœur de Dieu, depuis toujours, et au moment où il est conçu, se réalise l’éternel rêve du Créateur. Pensons à ce que vaut cet embryon dès l’instant où il est conçu ! Il faut le regarder de ces yeux d’amour du Père, qui voit au-delà de toute apparence.

La femme enceinte peut participer à ce projet de Dieu en rêvant de son enfant : « Toutes les mamans et tous les papas ont rêvé de leur enfant pendant neuf mois. […]. C’est impossible une famille qui ne rêve pas. Quand la capacité de rêver se perd dans une famille, les enfants ne grandissent pas, l’amour ne grandit pas, la vie s’affaiblit et s’éteint ».185Discours à l’occasion de la rencontre avec les familles à Manille (16 janvier 2015) : L’Osservatore Romano, éd. en langue française, 22 janvier 2015, p. 8. Pour une famille chrétienne, le baptême fait nécessairement partie de ce rêve. Les parents le préparent par leur prière, confiant leur enfant à Jésus avant sa naissance même.

Grâce aux progrès scientifiques, aujourd’hui on peut savoir d’avance la couleur des cheveux de l’enfant et de quelles maladies il pourra souffrir à l’avenir, car toutes les caractéristiques somatiques de cette personne sont inscrites dans son code génétique depuis son état d’embryon. Mais seul le Père qui l’a créé le connaît en plénitude. Lui seul connaît ce qui est le plus précieux, ce qui est le plus important, car il sait qui est cet enfant, quelle est son identité la plus profonde. La mère qui le porte en son sein a besoin de demander à Dieu d’être éclairée pour connaître en profondeur son enfant et pour l’attendre tel qu’il est. Certains parents sentent que leur enfant n’arrive pas au meilleur moment. Il leur faut demander au Seigneur de les guérir et de les fortifier pour qu’ils acceptent pleinement cet enfant, afin qu’ils puissent l’attendre de tout cœur. C’est important que cet enfant se sente attendu. Il n’est pas un complément ou une solution à une préoccupation personnelle. C’est un être humain, d’une valeur immense, et il ne peut être utilisé à des fins personnelles. Donc, peu importe si cette nouvelle vie te servira ou non, si elle a des caractéristiques qui te plaisent ou non, s’il répond ou non à tes projets et à tes rêves. Car « les enfants sont un don. Chacun d’entre eux est unique et irremplaçable […]. On aime un enfant parce qu’il est un enfant : non pas parce qu’il est beau, ou parce qu’il est comme-ci ou comme ça ; non, parce que c’est un enfant ! Non pas parce qu’il pense comme moi, ou qu’il incarne mes désirs. Un enfant est un enfant ».186Catéchèse (11 février 2015) : L’Osservatore Romano, éd. en langue française, 12 février 2015, p. 2. L’amour des parents est un instrument de l’amour de Dieu le Père qui attend avec tendresse la naissance de tout enfant, l’accepte sans conditions et l’accueille gratuitement.

À toute femme enceinte, je voudrais demander affectueusement : protège ta joie, que rien ne t’enlève la joie intérieure de la maternité. Cet enfant mérite ta joie. Ne permets pas que les peurs, les préoccupations, les commentaires d’autrui ou les problèmes éteignent cette joie d’être un instrument de Dieu pour apporter une nouvelle vie au monde. Occupe-toi de ce qu’il y a à faire ou à préparer, mais sans obsession, et loue comme Marie : « Mon âme exalte le Seigneur, et mon esprit tressaille de joie en Dieu mon Sauveur, parce qu'il a jeté les yeux sur l'abaissement de sa servante » (Lc 1, 46-48). Vis cet enthousiasme serein au milieu de tes soucis, et demande au Seigneur de protéger ta joie pour que tu puisses la transmettre à ton enfant.

Notes

  1. 183. Jean-Paul II, Catéchèse (12 mars 1980), n. 3 : L’Osservatore Romano, éd. en langue française, 18 mars 1980, p. 12.
  2. 184. Cf. Ibid.
  3. 185. Discours à l’occasion de la rencontre avec les familles à Manille (16 janvier 2015) : L’Osservatore Romano, éd. en langue française, 22 janvier 2015, p. 8.
  4. 186. Catéchèse (11 février 2015) : L’Osservatore Romano, éd. en langue française, 12 février 2015, p. 2.