TheoFonsAux sources de la foi

Magnifica Humanitas

MH · Léon XIV · 2026 · FR · 245 paragraphes · vatican.va ↗

Depuis la naissance de la Doctrine sociale, avec Rerum novarum, l’Église a attiré l’attention sur la protection des travailleurs et sur la nécessité de lutter contre toute forme d’exploitation. Mais, surtout, le Magistère a reconnu dans le travail « la clé essentielle » 150Saint Jean-Paul II, Lett. enc. Laborem exercens (14 septembre 1981), n. 3 : AAS 73 (1981), p. 584. pour comprendre l’ensemble de la question sociale, car c’est à travers lui que la personne développe de nombreuses dimensions de son existence. C’est dans cette perspective que l’on comprend également la grande intuition de saint Benoît de Nursie, qui a uni la prière et le travail en indiquant l’activité quotidienne comme partie de la réponse de la personne à l’appel de Dieu. Créés à l’image du Créateur, par nos œuvres nous prolongeons les siennes, nous contribuons au progrès de la société et à la construction du bien commun, nous mettons à profit les capacités reçues, nous améliorons et embellissons le monde, nous soutenons nos familles, nous entrons dans des relations de coopération et nous apprenons à construire ensemble, dans l’écoute et le dialogue, quelque chose que personne ne pourrait réaliser seul.

C’est pourquoi le travail n’est pas un simple instrument, mais il exprime et renforce la dignité de notre vie. Il est une exigence inscrite dans la condition humaine, un chemin ordinaire vers la maturité, le développement et l’épanouissement personnel. Dans cette optique, les aides économiques aux pauvres restent parfois nécessaires dans les situations d’urgence, mais elles ne peuvent devenir la seule réponse, car l’objectif est de permettre à chacun de vivre dignement grâce à son travail. 151Cf. François, Lett. enc. Laudato si’ (24 mai 2015), n. 128 : AAS 107 (2015), p. 898.

Aujourd’hui, l’imbrication entre l’automatisation, la robotique et l’IA transforme rapidement la structure même du travail. Selon certains, cela apportera de grandes améliorations pour tous. En réalité, les “nouvelles façons” de travailler ne sont pas nécessairement meilleures « alors que l’IA promet de stimuler la productivité en prenant en charge des tâches ordinaires, les travailleurs sont souvent contraints de s’adapter à la vitesse et aux exigences des machines, au lieu que ces dernières soient conçues pour aider ceux qui travaillent. Ainsi, contrairement aux avantages annoncés de l’IA, les approches actuelles de la technologie peuvent paradoxalement déqualifier les travailleurs, les soumettre à une surveillance automatisée et les reléguer à des tâches rigides et répétitives. La nécessité de suivre le rythme de la technologie peut éroder le sentiment d’autonomie des travailleurs et étouffer les compétences innovantes qu’ils sont appelés à apporter à leur travail ». 152Dicastère pour la Doctrine de la Foi – Dicastère pour la Culture et l’Éducation, Note Antiqua et nova (14 janvier 2025), n. 67 : AAS 117 (2025), pp. 188-189. C’est précisément pour éviter cette dérive qu’il faut concevoir des systèmes centrés sur la personne et non seulement sur la performance.

Notes

  1. 150. Saint Jean-Paul II, Lett. enc. Laborem exercens (14 septembre 1981), n. 3 : AAS 73 (1981), p. 584.
  2. 151. Cf. François, Lett. enc. Laudato si’ (24 mai 2015), n. 128 : AAS 107 (2015), p. 898.
  3. 152. Dicastère pour la Doctrine de la Foi –Dicastère pour la Culture et l’Éducation, Note Antiqua et nova (14 janvier 2025), n. 67 : AAS 117 (2025), pp. 188-189.